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Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas

2 Juin 2010 , Rédigé par Marie Publié dans #Documentaires adultes

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Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas

Editions de l'Olivier, 2010

 

La journaliste Florence Aubenas s'est immergée pendant presque 6 mois (de février à juillet 2009) dans le quotidien des demandeurs d'emploi pour  saisir et comprendre quelle est la réalité du mot "crise" que l'on nous martèle depuis longtemps. Elle choisit de s'inscrire au pôle emploi de Caen, elle garde son identité modifiant seulement sa couleur de cheveux et elle invente une histoire (séparée depuis peu d'un homme subvenant à ses besoins, elle n'a pratiquement jamais travaillé) pour justifier un CV quelque peu maigre et l'urgence de sa situation. Le but de sa quête est d'obtenir le précieux CDI, si elle y parvient, elle s'arrêtera pour ne pas bloquer un emploi.

 

Pour réussir à décrocher ce CDI,  la journaliste fait la tournée des agences d'intérim, les mots sont durs : "Vous êtes plutôt le fond de la casserole, madame." Elle s'inscrit au pôle emploi, pointe régulièrement, assiste aux formations (rédaction d'un CV, entretien d'embauche...). Rapidement, le pôle emploi l'oriente vers le métier de femme de ménage, elle va alors cumuler des petits contrats éprouvants, elle se retrouve ainsi sur le ferry à Ouistreham à récurer les toilettes. Elle  y subit des humiliations, des cadences de travail impossible à respecter. Sa perséverance finira par être récompensée, au moins de juillet, on lui proposera le fameux CDI pour un emploi de femme de ménage de 5h30 à 8h le matin...

 

Dans ce livre, tout le talent de l'auteur est de ne jamais juger, elle rend compte de ses difficultés, de ses joyeuses rencontres parfois, de son abattement aussi mais jamais elle ne porte de jugement, ni sur les gens qu'elle côtoie ni sur le fonctionnement de notre société. Cette lecture m'a secouée, d'abord parce que Caen est la ville dans laquelle j'ai fait mes études donc les lieux qu'elle cite me sont familiers et surtout parce que son livre m'a fait prendre conscience de la rapidité avec laquelle on peut oublier ce qu'est la véritable précarité. A lire de toute urgence.

 

Voir les critiques de Télérama et du Nouvel Obs

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